Pour sa collection Spring 2025, la maison italienne Câllas Milano a fait appel à l’atelier de Valérie Barkowski à Marrakech. C’est la première fois que la marque accepte qu’une maison de mode utilise ses pompons éponymes. Câllas est venue vers elle, et la collaboration mode artisanat s’est construite sur une chose simple : des valeurs partagées.
Des pompons multicolores, brodés à la main sur des cols de chemise en coton. Un geste précis, venu du textile d’intérieur, transposé sur le vêtement. C’est le point de départ de cette rencontre entre broderie artisanale et mode contemporaine.
Câllas Milano a été fondée en 2020 par Jan-Hendrik Schlottmann et Marco Panzeri, dont la famille dirige la manufacture Cieffe, à Soncino, dans la campagne lombarde. La marque fabrique l’intégralité de ses pièces en Italie, dans une logique verticale : du tissu à la coupe, de la coupe à la finition.
Chez Câllas, le vêtement commence par le textile. Le choix d’un coton, la tenue d’un lin, la fluidité d’une soie déterminent la silhouette avant même le dessin. Cette approche par la matière explique la réputation de la marque pour ses pantalons, coupés avec une précision qui tient de l’obsession, et son vestiaire pensé comme un écosystème : chaque nouvelle pièce complète les précédentes sans les rendre obsolètes.
La collection Spring 2025, présentée à la Villa Borsani, résidence de l’architecte Osvaldo Borsani, décrite par Derek Lam comme la « maison spirituelle » de la marque, propose un vestiaire d’été décontracté. Denim foncé, lin lavé, seersucker, soie : chaque matière est travaillée pour sa texture autant que pour sa fonction. La collection Spring 2026 prolonge cette direction, avec une attention accrue aux finitions artisanales et à la collaboration textile de luxe comme axe de création.
Derek Lam, directeur artistique : une attention au détail et au sens
Derek Lam a rejoint Câllas en janvier 2024 en tant que directeur artistique. Vingt ans de création à New York, une décennie entre son propre label et la direction artistique de Tod’s, une reconnaissance du CFDA et du Cooper Hewitt. Un parcours où la silhouette prime sur le logo, où le tissu dicte la forme.
C’est lors d’un voyage au Maroc que Lam découvre le travail de Valérie Barkowski. Ce qu’il voit le retient : un savoir-faire textile dans la mode qui vise juste. La broderie artisanale mode est là parce qu’elle répond à une intention précise du vêtement.
C’est ce regard-là qui compte. Voir dans un pompon brodé à la main autre chose qu’un ornement : une écriture. Lam a voulu travailler avec VB.
Du linge de maison au vêtement : le pompon comme signature
Le pompon VB est né en 1997, dans le nord du Maroc. Dans la région du Rif, les femmes portent le mendil, un tissu noué sur les hanches, bordé de pompons artisanaux. Valérie Barkowski a transposé ce geste sur le linge de maison. Le pompon est devenu la finition emblématique de la marque, brodé à la main par les artisanes de l’atelier de Marrakech.
Valérie Barkowski avait déjà exploré la transposition du pompon sur le vêtement, du temps de Mia Zia. Mais elle n’avait jamais autorisé une autre marque à utiliser cette signature. Ce qui a changé avec Câllas : la conviction que Derek Lam défend les mêmes valeurs, le respect du geste, l’exigence.
Pour Câllas Milano, le passage du textile d’intérieur au vêtement a exigé une adaptation. Les pompons de fil rouge, appliqués sur les cols de chemises en coton, devaient résister à d’autres contraintes : le mouvement du corps, le tombé du tissu, la répétition du lavage. Chaque détail a été recalibré. La taille du pompon, la tension du fil, le point d’attache. Un travail de finitions textiles faites main où la précision est nécessaire à chaque étape.
Le pompon change de support. Le geste se perpétue. La broderie appliquée au vêtement garde la même rigueur, la même lenteur, la même attention que pour une nappe ou un drap de bain.
Quand l’artisanat enrichit une collection de mode contemporaine
La collaboration mode artisanat entre Câllas et VB rend visible ce que certaines maisons commencent à comprendre : la création textile contemporaine gagne en force quand elle intègre un geste manuel. Le temps long de la broderie, la répétition du point, la régularité d’un pompon fait à la main, tout cela donne au vêtement une qualité que la machine ne produit pas.
Il y a une différence entre décorer un vêtement et lui donner une structure visuelle. Les pompons posés par l’atelier textile à Marrakech sont cette structure. Ils créent un rythme sur le col, un contrepoint au coton uni. La broderie comme geste créatif : ce qui distingue la finition de l’ornement, c’est l’intention.
Chaque pompon porte la trace de la main qui l’a formé. C’est ce que cherchent les maisons qui font appel à un savoir-faire extérieur : une vérité de fabrication.
Valérie Barkowski, partenaire créatif textile à l’international
La collaboration avec Câllas Milano, c’est l’histoire d’une marque qui reconnaît un savoir-faire et demande la permission de s’en approcher. L’atelier de Marrakech fonctionne comme un espace de travail où le geste artisanal s’adapte aux exigences d’une maison de mode. Adapter, proposer, ajuster : c’est le propre d’un partenaire créatif.
Depuis près de trente ans, Valérie Barkowski développe un savoir-faire textile dans la mode et l’art de vivre, entre Bruxelles et Marrakech. Fondatrice de V. Barkowski, créatrice de Mia Zia, elle a également accompagné des maisons comme Lafayette Maison, Ligne Roset ou AM.PM dans des missions de consultance créative textile. Cette expérience de la collaboration mode artisanat et textile de luxe, où l’exigence va dans les deux sens, est ce qui a rendu le partenariat avec Câllas possible.
L’atelier participe à ce processus. C’est cette capacité à répondre à une demande précise tout en apportant autre chose, qui positionne VB comme un partenaire unique.
Câllas Milano a écrit ceci à propos de la collaboration mode artisanat :
« Creative Director Derek Lam came across Barkowski’s work while visiting Morocco, and was compelled by the authentic and modern artisanal beauty of her creations. It sparked the idea to create whimsical yet chic tasseled collars for shirts. »
« Valérie’s first pompom-festooned pieces remain a key reference to her creations. Passementerie, tassels, hand-finishes and home textiles followed, boldly reinterpreted and thoroughly contemporary, yet steeped with historical respect. »
Ces mots confirment ce que l’article pose : la reconnaissance d’un geste existant, pas la commande d’un geste nouveau.
On vit comme on travaille. Pour moi, les deux ont toujours été la même chose. Le vrai luxe, je le comprends à travers ce que je fais, ce que je choisis, ce que je refuse. Trente ans de création textile haut de gamme entre Marrakech, l’Inde et l’Égypte m’ont appris une chose : la sophistication …
En 2009, j’ai été engagée pour créer une marque de linge de maison Bandit Queen de A à Z.J’en ai assuré l’entière direction artistique, avec une liberté totale dès le départ.Dans ce cadre, le linge de bain faisait partie intégrante du projet. Un moment précis À ce moment-là, je venais de céder ma propre marque …
L’Inde attire.Tout le monde y projette quelque chose. Les designers du monde entier y arrivent les mains ouvertes, prêts à puiser. Ses couleurs, ses broderies, ses textiles millénaires – tout cela nourrit depuis toujours les collections des maisons occidentales. L’Inde est une source. Généreuse, inépuisable, parfois mal remerciée.J’y arrive. Et je regarde ailleurs. Une carte …
Câllas Milano x Valérie Barkowski : la broderie comme geste créatif
Pour sa collection Spring 2025, la maison italienne Câllas Milano a fait appel à l’atelier de Valérie Barkowski à Marrakech. C’est la première fois que la marque accepte qu’une maison de mode utilise ses pompons éponymes. Câllas est venue vers elle, et la collaboration mode artisanat s’est construite sur une chose simple : des valeurs partagées.
Des pompons multicolores, brodés à la main sur des cols de chemise en coton. Un geste précis, venu du textile d’intérieur, transposé sur le vêtement. C’est le point de départ de cette rencontre entre broderie artisanale et mode contemporaine.
Câllas Milano : une mode pensée depuis la matière
Câllas Milano a été fondée en 2020 par Jan-Hendrik Schlottmann et Marco Panzeri, dont la famille dirige la manufacture Cieffe, à Soncino, dans la campagne lombarde. La marque fabrique l’intégralité de ses pièces en Italie, dans une logique verticale : du tissu à la coupe, de la coupe à la finition.
Chez Câllas, le vêtement commence par le textile. Le choix d’un coton, la tenue d’un lin, la fluidité d’une soie déterminent la silhouette avant même le dessin. Cette approche par la matière explique la réputation de la marque pour ses pantalons, coupés avec une précision qui tient de l’obsession, et son vestiaire pensé comme un écosystème : chaque nouvelle pièce complète les précédentes sans les rendre obsolètes.
La collection Spring 2025, présentée à la Villa Borsani, résidence de l’architecte Osvaldo Borsani, décrite par Derek Lam comme la « maison spirituelle » de la marque, propose un vestiaire d’été décontracté. Denim foncé, lin lavé, seersucker, soie : chaque matière est travaillée pour sa texture autant que pour sa fonction. La collection Spring 2026 prolonge cette direction, avec une attention accrue aux finitions artisanales et à la collaboration textile de luxe comme axe de création.
Derek Lam, directeur artistique : une attention au détail et au sens
Derek Lam a rejoint Câllas en janvier 2024 en tant que directeur artistique. Vingt ans de création à New York, une décennie entre son propre label et la direction artistique de Tod’s, une reconnaissance du CFDA et du Cooper Hewitt. Un parcours où la silhouette prime sur le logo, où le tissu dicte la forme.
C’est lors d’un voyage au Maroc que Lam découvre le travail de Valérie Barkowski. Ce qu’il voit le retient : un savoir-faire textile dans la mode qui vise juste. La broderie artisanale mode est là parce qu’elle répond à une intention précise du vêtement.
C’est ce regard-là qui compte. Voir dans un pompon brodé à la main autre chose qu’un ornement : une écriture. Lam a voulu travailler avec VB.
Du linge de maison au vêtement : le pompon comme signature
Le pompon VB est né en 1997, dans le nord du Maroc. Dans la région du Rif, les femmes portent le mendil, un tissu noué sur les hanches, bordé de pompons artisanaux. Valérie Barkowski a transposé ce geste sur le linge de maison. Le pompon est devenu la finition emblématique de la marque, brodé à la main par les artisanes de l’atelier de Marrakech.
Valérie Barkowski avait déjà exploré la transposition du pompon sur le vêtement, du temps de Mia Zia. Mais elle n’avait jamais autorisé une autre marque à utiliser cette signature. Ce qui a changé avec Câllas : la conviction que Derek Lam défend les mêmes valeurs, le respect du geste, l’exigence.
Pour Câllas Milano, le passage du textile d’intérieur au vêtement a exigé une adaptation. Les pompons de fil rouge, appliqués sur les cols de chemises en coton, devaient résister à d’autres contraintes : le mouvement du corps, le tombé du tissu, la répétition du lavage. Chaque détail a été recalibré. La taille du pompon, la tension du fil, le point d’attache. Un travail de finitions textiles faites main où la précision est nécessaire à chaque étape.
Le pompon change de support. Le geste se perpétue. La broderie appliquée au vêtement garde la même rigueur, la même lenteur, la même attention que pour une nappe ou un drap de bain.
Quand l’artisanat enrichit une collection de mode contemporaine
La collaboration mode artisanat entre Câllas et VB rend visible ce que certaines maisons commencent à comprendre : la création textile contemporaine gagne en force quand elle intègre un geste manuel. Le temps long de la broderie, la répétition du point, la régularité d’un pompon fait à la main, tout cela donne au vêtement une qualité que la machine ne produit pas.
Il y a une différence entre décorer un vêtement et lui donner une structure visuelle. Les pompons posés par l’atelier textile à Marrakech sont cette structure. Ils créent un rythme sur le col, un contrepoint au coton uni. La broderie comme geste créatif : ce qui distingue la finition de l’ornement, c’est l’intention.
Chaque pompon porte la trace de la main qui l’a formé. C’est ce que cherchent les maisons qui font appel à un savoir-faire extérieur : une vérité de fabrication.
Valérie Barkowski, partenaire créatif textile à l’international
La collaboration avec Câllas Milano, c’est l’histoire d’une marque qui reconnaît un savoir-faire et demande la permission de s’en approcher. L’atelier de Marrakech fonctionne comme un espace de travail où le geste artisanal s’adapte aux exigences d’une maison de mode. Adapter, proposer, ajuster : c’est le propre d’un partenaire créatif.
Depuis près de trente ans, Valérie Barkowski développe un savoir-faire textile dans la mode et l’art de vivre, entre Bruxelles et Marrakech. Fondatrice de V. Barkowski, créatrice de Mia Zia, elle a également accompagné des maisons comme Lafayette Maison, Ligne Roset ou AM.PM dans des missions de consultance créative textile. Cette expérience de la collaboration mode artisanat et textile de luxe, où l’exigence va dans les deux sens, est ce qui a rendu le partenariat avec Câllas possible.
L’atelier participe à ce processus. C’est cette capacité à répondre à une demande précise tout en apportant autre chose, qui positionne VB comme un partenaire unique.
Dans les mots de Câllas
Câllas Milano a écrit ceci à propos de la collaboration mode artisanat :
« Creative Director Derek Lam came across Barkowski’s work while visiting Morocco, and was compelled by the authentic and modern artisanal beauty of her creations. It sparked the idea to create whimsical yet chic tasseled collars for shirts. »
« Valérie’s first pompom-festooned pieces remain a key reference to her creations. Passementerie, tassels, hand-finishes and home textiles followed, boldly reinterpreted and thoroughly contemporary, yet steeped with historical respect. »
Ces mots confirment ce que l’article pose : la reconnaissance d’un geste existant, pas la commande d’un geste nouveau.
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