La couverture de Nomad at Home, le livre de Hilary Robertson paru en juillet 2022, est une photo de Dar Kawa, la maison de Valérie Barkowski dans la médina de Marrakech. À l’intérieur, un chapitre de seize pages, « Medina in Monochrome », raconte son parcours et sa manière d’habiter.
On y voit une alcôve sous un arc mauresque : un matelas, une couverture de mariage marocaine, une pile de coussins brodés. Les citations sont traduites de l’anglais par nos soins.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
Nomad at Home, un livre de décoration sur ceux qui ont changé de pays
Hilary Robertson est styliste d’intérieur, née à Londres et installée aux États-Unis. Nomad at Home: Designing the Home More Traveled, son cinquième livre, est publié par Ryland Peters & Small, avec des photographies de Mike Karlsson Lundgren et une préface de la designer américaine Leanne Ford.
Ce livre de décoration visite dix maisons de créatifs qui ont quitté leur pays d’origine. Hilary Robertson les répartit en trois familles : ceux qui s’installent pour de bon ailleurs, ceux qui vivent entre plusieurs bases, et ceux qui rapportent chez eux l’esprit des lieux traversés.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
« Medina in Monochrome » : ce que montre le reportage
Le chapitre de Nomad at Home part d’un paradoxe. Hilary Robertson écrit que la médina de Marrakech n’est pas le refuge le plus évident pour une « monochromiste aux tendances modernistes ». Dehors, le souk et ses piles d’épices, de tapis, de djellabas et de paniers. Derrière la porte de Dar Kawa, elle décrit « une oasis calme du XVIIe siècle, blanche, rehaussée de noir », où le silence du patio n’est troublé que par les oranges qui tombent des arbres et l’appel du muezzin.
Le reportage fait le tour de la maison : portes mauresques peintes en gris, tadelakt, cuillères en bois de citronnier, terrasse sur les toits.
La palette neutre a une raison pratique, que Valérie Barkowski explique dans le livre : « Au Maroc, on ne vit pas de la même façon en été et en hiver. En été, on vit sur la terrasse tôt le matin et le soir, à la recherche d’un peu d’air frais. L’hiver, c’est l’inverse. » Un fond neutre permet de tout changer d’une saison à l’autre. La même logique guide ses boutiques depuis 2001 : le concept monochrome. La restauration de la maison est racontée dans notre article : Directon artistique d’un lieu.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
Le linge de maison V.Barkowski au fil des pages
Le linge de maison visible dans le reportage vient presque entièrement des collections de Valérie Barkowski. Dans l’interview qui a servi à écrire le chapitre, elle le dit simplement : « La plupart du linge vient de ma propre collection. Normal, non ? »
Dans le patio, les textiles brodés monochromes viennent de ses collections, vendues dans sa boutique de la Médina de Marrakech. Dans les chambres, des draps blancs portent ce que le livre appelle les touches « Twist The World », clin d’œil à la signature de la marque V.Barkowski : des ourlets noirs en contraste, des bords au point de feston, des motifs au point avant. Ailleurs, des coussins graphiques côtoient des couvertures de mariage marocaines et des chaises Bertoia.
Le mot résume sa méthode : « Je travaille avec des artisanats locaux et ancestraux que je « twiste ». Je l’ai fait en Inde, au Vietnam, en Russie… Partout où je travaille, en fait. »
Autre clin d’œil : des pompons noirs, empruntés au tarbouche marocain, servent de tirettes aux interrupteurs. Le pompon accompagne Valérie Barkowski depuis trente ans, et Condé Nast Traveler l’a filmée dans son atelier.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
Une nomade installée à Marrakech
Hilary Robertson retrace un parcours fait de départs. Valérie Barkowski quitte son école d’art pour devenir mannequin, un métier qui lui permet de voyager entre deux saisons de mode : Chiang Mai, New York, Hô Chi Minh-Ville. « Tant qu’il y a des artisans, des lieux culturels intéressants et une bonne cuisine, je me sens bien. »
C’est en Russie, où elle vit trois ans, qu’elle trouve son métier. À Moscou, on ne trouve que du lin au mètre : une babouchka coud son linge, une autre le brode. Des amis de passage veulent en acheter : « C’était le début. »
En 1991, elle découvre le Maroc, « un pays qui ne figurait pas sur ma carte de voyage ». Cinq ans plus tard, elle s’y installe et trouve Dar Kawa, une ruine du début du XVIIe siècle dont elle aime d’emblée les proportions. Sa façon de voyager est racontée dans l’article Adopter le slow travel à Marrakech.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
Ralentir : le choix que raconte Nomad at Home
Nomad at Home revient aussi sur un tournant. À une époque, l’activité textile de Valérie Barkowski fait travailler 500 brodeuses et tricoteuses et compte plus de 400 distributeurs dans le monde. Elle ne se sent pas « formatée », écrit Hilary Robertson, pour produire des collections au rythme des saisons de la mode. Elle vend sa marque de mode, Mia Zia, en 2007.
Elle chiffre ce déséquilibre : « Dans cette grande entreprise, j’ai compris que seulement 5 % de mon temps était consacré à un travail qui me plaisait, contre 95 % passés à résoudre des problèmes. »
Le livre conclut sur ce qu’elle a construit depuis : un atelier, une boutique, un riad et un e-shop, à la fois un foyer et un revenu, un ancrage qui lui laisse la liberté de partir.
Pages from Nomad at Home by Hilary Robertson
« Chez soi », selon Valérie Barkowski
À Hilary Robertson, qui lui demande ce que signifie « chez soi », elle répond : « Avant tout, un état d’esprit. Je peux me sentir chez moi dans beaucoup d’endroits. »
Et à ceux qui quittent leur pays : « Ayez l’esprit ouvert. Soyez humble, écoutez les gens du pays. »
L’échange s’est prolongé après le livre. En août 2022, Hilary Robertson publie dans Yolo Journal, le magazine de voyage fondé par Yolanda Edwards, un carnet d’adresses à Marrakech établi à partir des recommandations de Valérie Barkowski. Toutes les adresses citées sont encore d’actualité.
Ce que Nomad at Home dit de Valérie Barkowski
Quatre ans après sa parution, Nomad at Home reste un portrait en seize pages du travail de Valérie Barkowski : une maison de la médina, le linge de maison de son atelier, et une vie organisée pour pouvoir partir et revenir. Les autres parutions sont réunies sur la page presse, et son parcours sur la page A propos.
Un livre de décoration de Hilary Robertson, publié en juillet 2022 par Ryland Peters & Small (192 pages, en anglais). Il présente dix maisons de créatifs installés loin de leur pays d’origine.
Quelle maison figure en couverture de Nomad at Home ?
Dar Kawa, la maison de Valérie Barkowski dans la médina de Marrakech.
Où trouver le linge de maison visible dans Nomad at Home ?
Dans ses collections, fabriquées à la main dans son atelier de Marrakech. Les pièces se découvrent au V.Barkowski store, dans la médina, et se commandent sur mesure
Le 7 octobre 2026, Condé Nast Traveler a consacré un épisode de sa série vidéo « Made In » à trois savoir-faire anciens du Maroc : le tissage de tapis, le travail du métal et les pompons marocains. Le dernier chapitre, à partir de 8 minutes 39, est tourné avec Valérie Barkowski, dans son atelier …
Nomad at Home : la maison de Valérie Barkowski en couverture
La couverture de Nomad at Home, le livre de Hilary Robertson paru en juillet 2022, est une photo de Dar Kawa, la maison de Valérie Barkowski dans la médina de Marrakech. À l’intérieur, un chapitre de seize pages, « Medina in Monochrome », raconte son parcours et sa manière d’habiter.
On y voit une alcôve sous un arc mauresque : un matelas, une couverture de mariage marocaine, une pile de coussins brodés. Les citations sont traduites de l’anglais par nos soins.
Nomad at Home, un livre de décoration sur ceux qui ont changé de pays
Hilary Robertson est styliste d’intérieur, née à Londres et installée aux États-Unis. Nomad at Home: Designing the Home More Traveled, son cinquième livre, est publié par Ryland Peters & Small, avec des photographies de Mike Karlsson Lundgren et une préface de la designer américaine Leanne Ford.
Ce livre de décoration visite dix maisons de créatifs qui ont quitté leur pays d’origine. Hilary Robertson les répartit en trois familles : ceux qui s’installent pour de bon ailleurs, ceux qui vivent entre plusieurs bases, et ceux qui rapportent chez eux l’esprit des lieux traversés.
« Medina in Monochrome » : ce que montre le reportage
Le chapitre de Nomad at Home part d’un paradoxe. Hilary Robertson écrit que la médina de Marrakech n’est pas le refuge le plus évident pour une « monochromiste aux tendances modernistes ». Dehors, le souk et ses piles d’épices, de tapis, de djellabas et de paniers. Derrière la porte de Dar Kawa, elle décrit « une oasis calme du XVIIe siècle, blanche, rehaussée de noir », où le silence du patio n’est troublé que par les oranges qui tombent des arbres et l’appel du muezzin.
Le reportage fait le tour de la maison : portes mauresques peintes en gris, tadelakt, cuillères en bois de citronnier, terrasse sur les toits.
La palette neutre a une raison pratique, que Valérie Barkowski explique dans le livre : « Au Maroc, on ne vit pas de la même façon en été et en hiver. En été, on vit sur la terrasse tôt le matin et le soir, à la recherche d’un peu d’air frais. L’hiver, c’est l’inverse. » Un fond neutre permet de tout changer d’une saison à l’autre. La même logique guide ses boutiques depuis 2001 : le concept monochrome. La restauration de la maison est racontée dans notre article : Directon artistique d’un lieu.
Le linge de maison V.Barkowski au fil des pages
Le linge de maison visible dans le reportage vient presque entièrement des collections de Valérie Barkowski. Dans l’interview qui a servi à écrire le chapitre, elle le dit simplement : « La plupart du linge vient de ma propre collection. Normal, non ? »
Dans le patio, les textiles brodés monochromes viennent de ses collections, vendues dans sa boutique de la Médina de Marrakech. Dans les chambres, des draps blancs portent ce que le livre appelle les touches « Twist The World », clin d’œil à la signature de la marque V.Barkowski : des ourlets noirs en contraste, des bords au point de feston, des motifs au point avant. Ailleurs, des coussins graphiques côtoient des couvertures de mariage marocaines et des chaises Bertoia.
Le mot résume sa méthode : « Je travaille avec des artisanats locaux et ancestraux que je « twiste ». Je l’ai fait en Inde, au Vietnam, en Russie… Partout où je travaille, en fait. »
Autre clin d’œil : des pompons noirs, empruntés au tarbouche marocain, servent de tirettes aux interrupteurs. Le pompon accompagne Valérie Barkowski depuis trente ans, et Condé Nast Traveler l’a filmée dans son atelier.
Une nomade installée à Marrakech
Hilary Robertson retrace un parcours fait de départs. Valérie Barkowski quitte son école d’art pour devenir mannequin, un métier qui lui permet de voyager entre deux saisons de mode : Chiang Mai, New York, Hô Chi Minh-Ville. « Tant qu’il y a des artisans, des lieux culturels intéressants et une bonne cuisine, je me sens bien. »
C’est en Russie, où elle vit trois ans, qu’elle trouve son métier. À Moscou, on ne trouve que du lin au mètre : une babouchka coud son linge, une autre le brode. Des amis de passage veulent en acheter : « C’était le début. »
En 1991, elle découvre le Maroc, « un pays qui ne figurait pas sur ma carte de voyage ». Cinq ans plus tard, elle s’y installe et trouve Dar Kawa, une ruine du début du XVIIe siècle dont elle aime d’emblée les proportions. Sa façon de voyager est racontée dans l’article Adopter le slow travel à Marrakech.
Ralentir : le choix que raconte Nomad at Home
Nomad at Home revient aussi sur un tournant. À une époque, l’activité textile de Valérie Barkowski fait travailler 500 brodeuses et tricoteuses et compte plus de 400 distributeurs dans le monde. Elle ne se sent pas « formatée », écrit Hilary Robertson, pour produire des collections au rythme des saisons de la mode. Elle vend sa marque de mode, Mia Zia, en 2007.
Elle chiffre ce déséquilibre : « Dans cette grande entreprise, j’ai compris que seulement 5 % de mon temps était consacré à un travail qui me plaisait, contre 95 % passés à résoudre des problèmes. »
Le livre conclut sur ce qu’elle a construit depuis : un atelier, une boutique, un riad et un e-shop, à la fois un foyer et un revenu, un ancrage qui lui laisse la liberté de partir.
« Chez soi », selon Valérie Barkowski
À Hilary Robertson, qui lui demande ce que signifie « chez soi », elle répond : « Avant tout, un état d’esprit. Je peux me sentir chez moi dans beaucoup d’endroits. »
Et à ceux qui quittent leur pays : « Ayez l’esprit ouvert. Soyez humble, écoutez les gens du pays. »
L’échange s’est prolongé après le livre. En août 2022, Hilary Robertson publie dans Yolo Journal, le magazine de voyage fondé par Yolanda Edwards, un carnet d’adresses à Marrakech établi à partir des recommandations de Valérie Barkowski. Toutes les adresses citées sont encore d’actualité.
Ce que Nomad at Home dit de Valérie Barkowski
Quatre ans après sa parution, Nomad at Home reste un portrait en seize pages du travail de Valérie Barkowski : une maison de la médina, le linge de maison de son atelier, et une vie organisée pour pouvoir partir et revenir. Les autres parutions sont réunies sur la page presse, et son parcours sur la page A propos.
Lire aussi
→ Dar Kawa, la maison qui a façonné 30 ans de textile
Questions fréquentes sur Nomad at Home
Qu’est-ce que le livre Nomad at Home ?
Un livre de décoration de Hilary Robertson, publié en juillet 2022 par Ryland Peters & Small (192 pages, en anglais). Il présente dix maisons de créatifs installés loin de leur pays d’origine.
Quelle maison figure en couverture de Nomad at Home ?
Dar Kawa, la maison de Valérie Barkowski dans la médina de Marrakech.
Où trouver le linge de maison visible dans Nomad at Home ?
Dans ses collections, fabriquées à la main dans son atelier de Marrakech. Les pièces se découvrent au V.Barkowski store, dans la médina, et se commandent sur mesure
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